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Communication internationale et multiplicateur linguistique : des grandes langues plurinationales à l’espéranto.


par Bernard Cornevin

Les démographes ont développé la notion de multiplicateur transitionnel de la population qui correspond à la période moderne de transition et de croissance démographiques. Celles-ci démarrent dans les pays les plus en avance vers 1750. La transition commence par une baisse significative irréversible et continue du taux de mortalité, puis généralement quelques décennies plus tard du taux de natalité qui dépend principalement du nombre d’enfants par femme ou indicateur conjoncturel de fécondité. Ce dernier va progressivement passer d’un niveau de remplacement traditionnel élevé d’environ 6 jusqu’au niveau de remplacement moderne d’environ 2,1. Le freinage de la fécondité s’opère plus rapidement généralement dans les régions à forte densité initiale (Europe Occidentale, Asie de l’Est, Asie du Sud) et plus lentement dans les régions à faible densité initiale (Amériques, Afrique Moyen Orient, Océanie). Le multiplicateur est donc plus élevé dans ces dernières régions.

Cette notion de multiplicateur peut être étendue aux langues. Sur les 6000 langues parlées aujourd’hui, une douzaine de grandes langues sont parlées dans plusieurs pays et prises ensemble par plus de la moitié de la population mondiale.

Ces langues ont pu se développer au niveau national et international, à partir de nations peuplées et souvent d’anciens Empires coloniaux. Le coefficient multiplicateur de ces langues depuis 100 ans est plus ou moins important. Aux natifs, les plus nombreux, il faut additionner les locuteurs par apprentissage. Pour les natifs nous pouvons comparer les statistiques des populations concernées par chaque langue concernant les années 1907 et 2007 : http://www.populstat.info/. Pour intégrer les locuteurs par apprentissage nous reprenons les statistiques disponibles sur Wikipédia. http://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_les_plus_parlées_dans_le_monde

Prenons d’abord le cas des six premières langues européennes.

Les trois langues européennes les plus diffusées sur le continent américain ont connu la plus forte progression. L’anglais est la première en effectifs de 160 millions (M) en 1907 à 400 M d’anglophones de naissance, mais entre 520 et 750M selon les estimations si on compte les locuteurs par apprentissage soit un multiplicateur maximum de 4,7. Cependant le coefficient multiplicateur des deux grandes langues latino-américaines a été encore plus fort : l’espagnol de 65 à 400 M, soit 6,2 ; le portugais de 20 à 220 M soit 11.

Les trois autres grandes langues européennes, d’ouest en est, le français l’allemand et le russe ont connu un multiplicateur plus faible, respectivement, de 50 à 120 M soit 2,4. pour le français de 72 M de locuteurs à 110 M pour l’allemand, soit 1,5 et enfin pour le russe de 138 à 285 M, soit 2.

Les six principales langues asiatiques connaissent aussi des multiplicateurs diversifiés.

En Asie de l’Est la densité utile par km carré cultivable est dès le départ élevée. La révolution contraceptive va suivre plus rapidement la révolution sanitaire d’abord dans l’Asie du Nord Est puis du Sud-Est. Ainsi en un siècle le japonais va passer de 47 M à 127M soit 2,7, le chinois de 416 M à 1400 M, soit 3,4 ; en Asie du Sud Est l’indonésien, fortement simplifié par des linguistes connaissant l’espéranto, va conquérir progressivement l’ensemble de l’Indonésie qui va passer elle-même de 46M à 223M soit 4,8.

En Asie du Sud et du Sud Ouest la progression sera en moyenne plus rapide ; on peut penser que l’hindi ourdou parlé par 325 M de locuteurs en 2007 progresse au moins au même rythme que l’ensemble Inde Pakistan soit 4,6 mais 7 si l’on prolonge jusqu’en 2050. La population cumulée de ces deux pays est estimée respectivement à 283M en 1907, 1295 M en 2007 et 2 milliards en 2050, soit plus que la population mondiale en 1887. La deuxième langue d’Asie du Sud le bengali, parlé en Inde et au Bengla-Desh, a progressé au même rythme : de 48 M en 1907 à 215 M en 2007 soit 4,5

L’arabe et les pays arabophones connaissent dans cette période une croissance démographique plus rapide que l’Asie des moussons d’environ 33 M à 280 M , soit un multiplicateur de 8,5.

Les multiplicateurs transitionnels des douze principales langues pluri-nationales sont donc compris pour cette période entre 1,5 et 11. Elles sont enseignées obligatoirement à plus de la moitié de la population mondiale dés le primaire. Leur couverture médiatique est énorme. Est-il possible que certaines langues progressent beaucoup plus vite ?

De 1907 à 2007 l’espéranto est passé en effet d’une dizaine de milliers de locuteurs en 1907 à environ deux millions aujourd’hui. et a donc connu une progression très rapide avec un multiplicateur de 200. Et ceci après une progression foudroyante les 20 premières années de 10 à 10000 locuteurs, soit un multiplicateur de 1000.

Depuis 1907 il a donc progressé 40 fois plus vite que par exemple l’anglais. Et pourtant il reste discriminé dans l’enseignement obligatoire et le plus souvent occulté par les média ! Son enseignement facultatif n’est pas reconnu sauf en Hongrie depuis quelques années où il fait déjà jeu égal avec les principales langues étrangères.

Comment expliquer ce multiplicateur très au dessus de la normale. Cette langue est en effet facile et équitable car elle contient ou implique de nombreux effets multiplicateurs du fait notamment de sa régularité et de sa clarté : phonétique, grammaire de base en 16 règles, formation des mots, internationalité, initiation facilitée à d’autres langues etc.. Ces effets accélèrent son étude et donc facilitent la communication internationale.







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