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Le Kiosque (Pau), automne 2007


Un Congrès d’ ESPÉRANTISTES...

Pour qui, pourquoi ?

Pour ceux qui n’en font pas partie, comprendre ce que font les espérantistes n’est pas toujours chose aisée. L’espéranto reste pour eux une abstraction.  Ils connaissent un ou deux espérantistes ou, s’il sont au Kiosque, en côtoient une petite dizaine (sur la quarantaine de ‘locaux’). Difficile alors d’appréhender un mouvement parsemé qui a comme trait-d’union une langue construite. Difficile également de saisir en quoi cette langue est pour les espérantistes un idéal. Pour une meilleure connaissance de ce mouvement militant voici une immersion dans le congrès éspérantiste de l’association mondiale SAT qui s’est déroulé cet été.

Première information : un congrès dure une semaine. Il est en même temps le congrès d’une association avec toutes les dispositions statutaires et une rencontre internationale. C’est également un séjour touristique et une semaine culturelle. Le congrès s’est donc déroulé à Antony, près de Paris. Le souci était de proposer dans notre pays riche un congrès encore abordable (hébergement, coût de la location des salles) pour les congressistes moins fortunés. La Cité Universitaire d’Antony (la plus grande de France : 2500 habitants) était parfaite à ce titre. Cela a permis également de montrer une certaine réalité française avec un lieu qui n’avait rien de luxueux. Le thème du congrès et donc des débats a été la Solidarité Internationale. Toutes les activités avaient été pensées dans le cadre de ce qu’est l’association SAT : une association de Travailleurs Espérantistes. Programme touristique Venir en France, à Paris et ne rien visiter serait un non-sens. Le programme touristique était donc riche : excursion sur les traces de la commune de Paris ; Rando dans la forêt de Fontenbleau, lieu des réunions espérantistes clandestines lors de la 2de guerre mondiale ; Visite de Versailles et histoire de la Révolution Française ; Visite du quartier Latin et mai 68/mouvements étudiants ; Visite du Sénat et les institutions françaises, etc. On est loin de ce que proposent les voyagistes...

Programme culturel

Chansons, théâtre, tout cela existe également en langue espéranto. La dispersion du public tout au long de l’année donne aux regroupements tels celui-là une importance considérable pour les artistes et le public. Durant les soirées : le groupe “les cosmopolites” a présenté un spectacle mêlant guitare classique et chant d’opéras (musiciens professionnels), Famo a présenté un spectacle chant accordéon “l’alarme à l’oeil”, Olivier Herblay, pianiste et guitariste classique a proposé un récital de pièces classiques. Enfin, les Libertarios, que vous aviez pu voir lors de l’avant dernière fête du Kiosque, ont clôturé la semaine.

Forum Social

Huit courts débats ont été organisé au long de la semaine. Reprendre l’idée de Forum prend ici tout son sens par la diversité des participants. L’énorme différence avec les Forums Sociaux mondiaux (mis à par bien sûr le nombre bien moins important de participants) est l’absence de traducteurs.  La parole est libre et les échanges n’en sont que plus intéressants. Les thèmes abordés :
- l’immigration et la défense des travailleurs
- Solidarité mondiale contre la faim
- Devenir de l’humanité et devenir des semences agricoles
- Logiciels libres : outils d’émancipation sociale
- La nécessité de l’action pour le désarmement.
- Rapport sur le dernier forum social mondial
- Personnes en situation de Handicap
- Actualité de la Lutte des Classes.

Tous ces forums étaient introduits en 15 minutes par un animateur ayant préparé une introduction au débat. Les comptes-rendus des séances ont été par la suite publiés dans la revue de l’association, Sennaciulo (“l’Homme sans nation”) pour permettre de poursuivre les débats tout au long de l’année (un des outils principaux durant l’année est maintenant un forum de discussions sur internet).

séances de travail

Bien sur le congrès comporte également de nombreuses séances de travail. Les Assemblées générales (trois séances) permettent de valider les rapports financiers et d’activité et de débattre de la situation de l’association. Il est à noter que les décisions de ces assemblées doivent par la suite être ratifiées par un référendum réalisé auprès de tous les adhérents : c’est le minimum pour la démocratie (d’autant que chaque année de nombreux participants ne peuvent pas participer soit faute de moyens financier, soit faute d’obtenir des visas pour entrer dans les pays riches...).

Des groupes de travail sont organisés en plus petit groupe pour initier les taches à réaliser précisément durant l’année à venir (site internet, revue mensuelle de l’association, organisation interne...

Enfin avaient lieu les réunions des “fractions”. Ces dernières ont pour but de promouvoir l’internet de l’espéranto dans différents milieux. Ainsi les militants anarchistes, communistes, écologistes de l’association se réunissent entre eux pour établir des moyens de promouvoir l’espéranto... pas pour s’entre-déchirer au sein de l’association.

Et tout le reste...

Lors d’une telle rencontre vouloir résumer les échanges au programme officiel serait une erreur. Les échanges informels, les amitiés (et parfois les inimitiés) qui se forment ont autant d’intérêt. L’utilisation de l’espéranto permet justement ce type d’échanges. On pourrait imaginer remplacer l’espéranto par des traducteurs lors des réunions (mais avec quel coût et avec quelle perte de contenu et de qualité  ?) mais comment faire pour toutes ces discussions informelles qui ont pourtant autant d’importance  ?

Post-congrès

On pourrait trouver que le programme a été assez riche... il n’en est rien. Ceux qui disposaient de plus de temps pouvaient s’inscrire à un des deux post-congrès d’une semaine supplémentaire qui étaient organisés dans les deux centres culturels espérantistes permanents de France. A Gresillon (à côté de Saumur) avaient lieu des cours de perfectionnement en langue et des ateliers théâtre. A Kvinpetalo (proche de Poitiers) un séminaire sur l’actualité de l’anationalisme avait lieu (idée politique créée par Lanti, fondateur de l’association SAT basée sur la nécessité pour les travailleurs de perdre tout sentiment national et d’accéder à une solidarité mondiale concrète).

Les espérantistes réunis en congrès font donc la même chose que tout le monde... Ils le font juste par le biais d’une langue leur permettant d’aborder chaque sujet avec des militants de tous les pays. L’an prochain, rendez-vous en Bulgarie.







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