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Le Progrès du Finistère - 1er septembre 1934 - Manoeuvre bolcheviste à Lesconil


Manoeuvre bolcheviste à Lesconil

Sous la rubrique « Les vacances espérantistes de l’enseignement », nous avons relaté dans notre dernier numéro les scandales journaliers dont la jolie petite localité de Lesconil était le cadre depuis le 9 août, date de l’ouverture du congrès international d’Espéranto.

Depuis une quinzaine de jours ce ne sont que rixes et querelles entre paisibles baigneurs et espérantistes. L’Internationale est hurlée à longueur de journée, des prêtres de passage y sont injuriés, molestés, bousculés, des propriétés sont occupées sans autorisation !

La vie n’est plus rose à Lesconil, et déjà nombreux sont les baigneurs qui, avec leur famille, ont déserté les hôtels où ils venaient depuis plusieurs années, en se jurant de ne jamais plus y revenir. « L’Espérantisme Prolétarien » aura fait tort au commerce local.

La procession traditionnelle du Pardon, qui cette année tombait le 26 août, étant pour les communistes une provocation, il fallait la saboter ! Ils prétendirent d’abord qu’elle gênerait la circulation. L’argument ne tint pas ; mais ils obtinrent de l’autorité municipale, trop faible, l’autorisation de défiler en cortège, au coeur même du bourg où ils prétendaient que le cortège religieux gênerait la libre circulation, - et le renvoi de la procession traditionnelle sur un parcours en dehors du village et dans des chemins de culture.

Avec un courage et une énergie dignes d’admiration, M. le Recteur de Lesconil n’admit pas qu’un cortège improvisé et d’occasion pût être substitué à une procession traditionnelle et légale, il déclara sa ferme volonté de suivre le parcours habituel.

Le Pardon, si calme et si joyeux d’ordinaire, allait-il, cette année, être l’objet d’un scandale et peut-être d’incidents sanglants ?

L’autorité préfectorale en décida autrement. Elle prit un arrêté interdisant tout cortège ou procession pour la journée du 26 Août et fit assurer l’exécution de ses décisions par un fort déploiement de forces de police.

Ainsi la journée fut très calme, bien que sous les plis du drapeau rouge, orné de la faucille et du marteau, des orateurs, postés derrière l’Abri du canot de sauvetage, aient tenté successivement d’ameuter le public qui resta indifférent.

Mais hélàs ! il faudra solder la note onéreuse du déplacement des forces de police. Les contribuables de Plobannalec-Lesconil, déjà si surchargés d’impôts, verront avec amertume se gonfler encore leur centimes additionnels grâce à la venue des espérantistes prolétariens et au manque de décision de leur maire.

A qui les commerçants ruinés, les travailleurs contribuables surchargés devront-il le bienfait de se voir vider leur portemonnaie ?

Sans aucun doute à MM. Bourguignon, Signor, Pierre Moalic, Le Lay, Rigobert, Quiniou, d’Henvic, Le Séac’h, Lucas, tous instituteurs largement salariés des contribuables, aidés d’ailleurs par plusieurs de leurs confrères et de quelques étrangers internationalistes qui sont venus à Lesconil, sous prétexte d’Espéranto, accomplir la mission qui leur est confiée par Moscou de faire de tous les Français des prolétaires perpétuels sous un joug infernal...

Pour atteindre ce but, ils traitent de fascistes tous ceux qui ne veulent pas devenir leurs esclaves, mais simplement rester Français !

Pour séduire les naifs, ils crient "A bas la guerre !" bien qu’ils sachent parfaitement que nos ennemis de l’Est n’attendent que notre désarmement pour nous attaquer ! Sont-ils de vrais patriotes ?

Ils se prétendent prolétaires, alors qu’ils touchent de grosses prébendes et roulent automobile aux frais des bons Français.

A l’abri de cette formule "Lutte contre le fascisme", ces pourfendeurs veulent surtout établir leur dictature, dont la douceur éclate aux yeux.

Les Patriotes, tous les citoyens qui veulent que la France vive dans l’ordre, l’honneur et le travail, tous sans distinction d’opinion, doivent s’unir pour crier bien haut que même sous le couvert d’Espéranto, ils ne sauraient admettre qu’une poignée de perturbateurs révolutionnaires dicte ses volontés à la France honnête et laborieuse qui veut vivre.

Avec le camouflage d’une fête espérantiste se prépare pour le 2 Septembre une manifestation de communisme international, sous la haute direction d’instituteurs salariés par l’Etat !

C’est un défi, une provocation. La France honnête ne peut l’accepter.


Le Progrès du Finistère - 1er septembre 1934


Bolŝevista manovro en Lesconil.

Ĉe la rubriko "Esperantistaj ferioj de l’instruado", ni raportis en nia lasta numero la ĉiutagajn skandalojn, kiujn spertis la bela urbeto Lesconil, de la 9a de aŭgusto, kiam malfermiĝis la internacia Esperanto-kongreso.

De du semajnoj okazas nur interbatiĝoj kaj kvereloj inter kvietaj baniĝantoj kaj Esperantistoj. La "Internacio" estas blekita taglonge, pasantaj pastroj estas insultataj, molestataj, dispuŝitaj, bienoj estas okupataj sen permeso !

La vivo jam ne estas rozkolora en Lesconil, kaj jam multaj baniĝantoj kun ilia familio forlasis la hotelojn, kie ili venadis de pluraj jaroj, firme promesante al si, ke ili neniam plu revenos. La "laborista esperantismo" malutilis la lokan komercon.

La tradicia procesio de l’Pardono, kiu ĉi-jare okazis la 26an de aŭgusto, estis provoko laŭ la komunistoj, do ili decidis ĝin fuŝi ! Ili unue asertis, ke ĝi ĝenos la trafikon. La argumento estis nekredebla ; sed ili havigis al si de la tro malforta urba aŭtoritato, la permeson kunirantare defili, eĉ meze de la vilaĝo, kie ili asertis, ka la procesio malhelpus la trafikon, - kaj la translokon de la tradicia procesio en irvojon ekstervilaĝan kaj alkampvojan.

Admirinde kuraĝa kaj energia, S-ro Paroĥestro de Lesconil ne konsentis, ke iu improviza kaj okaza kunirantaro anstataŭigas tradician kaj laŭleĝan procesion, li deklaris sian firman intencon, ke li sekvos la kutiman irvojon.

Ĉu la Pardono, kutime tiel kvieta kaj gaja, estos ĉi-jare provoko skandala, eĉ eble sanga ?

- La prefekta aŭtoritato alimaniere decidis pri ĝi. Ĝi findecidis malpermesi ĉiun kunirantaron aŭ procesion dum la 26a de aŭgusto, kaj plenumis siajn decidojn per granda disvolvo de policforto.

Tiel la tago estis tre kvieta, kvankam sub la faldoj de la ruĝa flago, ornamata per falĉileto kaj martelo, parolantoj, starantaj malantaŭ la savboata ŝirmejo, provis plurfoje amasigi la publikon, kiu restis ne interesata.







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