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Journalisme sans frontières


Au commencement…

Après la parution du premier manuel de Langue Internationale du Dr Esperanto (pseudonyme du Dr L.-L. Zamenhof), le 26 juillet 1887, nombreux furent les journalistes qui perçurent tout de suite la valeur de ce moyen de communication linguistique, qui s’en servirent et le propagèrent. Le premier article à ce sujet parut sous le titre "Anti-Volapük" signé Wl. S. (Wladyslaw Sabowski) dans le Kurjer Godzienny du 7 août. L’auteur y montrait la supériorité de la langue qui allait être popularisée plus tard sous le nom d’espéranto.

Parmi ces pionniers figurèrent ensuite les Polonais Alexander Brzostowski, le tout premier, puis Leopold Blumental, aussi écrivain, auteur de plus de cent ouvrages, qui fut cinq fois emprisonné et même exilé, et Jozef Wasniewski, le premier à avoir entrepris des voyages à l’étranger avec l’espéranto pour tout bagage linguistique ; les Allemands Leopold Einstein dont le nom est "à inscrire en lettres d’or dans l’histoire de l’espéranto" (Zamenhof), et Teo Jung, imprimeur, journaliste et éditeur d’espéranto ; le Suédois Paul Axel Nylén, rédacteur du Stockholms Tidningen ; le Suisse Jean Borel, journaliste et éditeur, qui devint co-fondateur de la maison d’édition "Esperanto-Verlag Möller & Borel", fondateur de l’ "Esperanta Biblioteko Internacia" et d’un groupe d’espéranto à Berlin où il s’était installé, auteur de manuels et documents tirés à des centaines de milliers d’exemplaires ; les Russes Vladimir Maïnov, grâce à qui Tolstoï étudia l’espéranto et lui apporta son soutien, et Nikolaï Borovko, journaliste et enseignant à Odessa, qui découvrit l’espéranto lors de son exil en Sibérie pour ses activités politiques, connu surtout à travers la lettre dans laquelle Zamenhof lui confia les origines de son idéal et de ses aspirations ; le jeune journaliste hongrois Ábel Barabás, auteur du premier manuel d’espéranto pour les Hongrois publié en 1898 ; les Anglais Joseph Rhodes, fondateur du premier club d’espéranto de Grande-Bretagne à Keighley en 1902, et William Thomas Stead, rédacteur en chef de The Review of Reviews qui y publiait une page mensuelle d’espéranto ; c’est dans ses bureaux, en 1903, que fut fondé le toujours très actif Londona Esperanto Klubo (Stead périt lors de la catastrophe du Titanic) ; l’Américain George McClellan Harvey qui possédait plusieurs journaux importants et insérait aussi des articles sur l’espéranto dans North American Review, et qui devint ambassadeur des États-Unis en Grande-Bretagne ; le Néerlandais Wiebe Nutters, typographe puis journaliste ; les Français Charles Pichon et L. Pourcines, dont un extrait de sa déclaration lors du premier congrès universel d’espéranto figure à la fin de ce document, tout ceci pour ne citer que la première période de l’espéranto, avant la première Guerre Mondiale…

Anecdote

"En 1925, la visite de six avions de l’expédition soviétique aérienne Moscou-Changhaï fit une bonne propagande en Mongolie pour l’espéranto. Un entretien eut alors lieu entre le journaliste soviétique Rosenblat et Khayankhirvaa, et l’espéranto leur servit comme moyen de se comprendre" (traduit de l’Enciklopedio de Esperanto, Budapest, 1933, rééditée en 1979, p. 376 ).

Un journaliste stupéfait

"En 1987, lorsque j’ai participé pour la première fois au Congrès Universel, à Varsovie, j’ai eu peine à croire que des milliers d’hommes de tant de pays des cinq continents pouvaient se comprendre aussi facilement. Durant plus de 20 ans, j’ai étudié et utilisé l’anglais (j’ai travaillé entre autres comme traducteur de l’anglais vers le persan dans la presse), mais, autrement que par I’espéranto — après une année seulement d’apprentissage sérieux — jamais je n’ai atteint une telle compréhension avec des personnes de pays autres que le mien. De retour en Pologne, j’ai donc décidé de m’occuper plus sérieusement de la Langue Internationale et de sa diffusion".

Ces paroles sont de Reza Kheir-Khah. Ce journaliste iranien, qui vit aujourd’hui à Taïwan, a séjourné dans plusieurs pays européens parmi lesquels la Pologne, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grande-Bretagne et l’Espagne afin de se perfectionner en espéranto pour mieux participer à sa diffusion. Dans ce but, il a entrepris une tournée de conférences en Asie ; sa visite a été fort appréciée dans plusieurs villes du Japon où le meilleur accueil lui a été réservé. Il est longuement resté enChine, dans plusieurs autres pays d’Asie du Sud-Est et en Australie pour animer des cours et faire des conférences.

Un journaliste intrépide

Après avoir touché à de nombreuses professions, Dimitri s’est tourné aussi vers le journalisme. Avec Gloria, sa compagne, sur des vélos lourdement chargés, pesant plus de 60 kg chacun, il a parcouru 10 000 km à travers sept pays africains : Algérie, Niger, Burkina Faso, Côte-d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin. Leur voyage a été interrompu par le paludisme, mais ils n’en sont pas moins tombés amoureux de l’Afrique. Dimitri a raconté cette folle aventure à visage humain dans Afric’Amour, un livre dont la version espéranto Afrik’ Amo est encore plus riche d’anecdotes, et sur cassette vidéo. Ce touche-à-tout a été pigiste pour Nord Matin jusqu’à la disparition de ce quotidien. Le Paris-Dakar et ses 4x4 paraissent bien minables à côté de la richesse des contacts directs avec la population, y compris au moyen de l’espéranto qui est bien plus parlé qu’on ne le suppose trop souvent. Jules Verne avait donc vu juste dans Voyage d’études, le livre qu’il avait commencé à écrire avant sa mort à propos de l’espéranto — "le plus sûr, le plus rapide véhicule de la civilisation".

Un journaliste hors du commun

Né dans les Carpates, Tibor Sekelj (1912-1988) émigre et devient citoyen yougoslave. Il fait ses études à l’université de Zagreb. C’est là, à 17 ans, en 1929, qu’il apprend l’espéranto. Juste avant la seconde guerre mondiale, il abandonne la profession de dramaturge de cinéma pour émigrer en Argentine où il devient journaliste. Avide de savoir et passionné par la nature, il entreprend alors d’explorer le monde : ascension du plus haut sommet des Amériques, l’Aconcagua, où il dépose le drapeau espérantiste à 6959 m d’altitude en 1944 ; même chose l’année suivante, puis expéditions dans le Mato Grosso et la Patagonie. Après une pause de deux ans à Buenos Aires pour étudier l’anthropologie et l’archéologie, il se lance dans des recherches archéologiques en Bolivie, puis explore l’Amazonie où il rencontre les cannibales de la tribu Tupari avec lesquels il vit durant quatre mois. Plusieurs voyages et expéditions le mènent successivement au Venezuela et au Panama. Au Honduras, il découvre une ville pré-colombienne ; au Salvador, il grimpe sur un volcan en éruption ; au Guatemala, il étudie la civilisation des Mayas et au Mexique celle des Aztèques. Il est l’un des premiers à visiter le Népal et à l’ouvrir au monde. Il parle huit langues, il écrit en espagnol, serbo-croate (nom de langue aujourd’hui banni) et espéranto ;. Ses livres - en tout 28 - atteignent 92 éditions en 27 langues. La plupart de ses ouvrages paraissent en espagnol (17), serbocroate (14), en hongrois et espéranto (12 de chaque), en slovène (7), albanais (4), anglais (3), slovaque, japonais, chinois et macédonien (2 de chaque) et en pas moins de quinze autres langues à raison d’un ouvrage pour chaque. En espéranto paraissent soit des traductions (en italiques), soit des originaux (en gras) : Tempesto super Akonkagvo, Tra lando de Indianoj, Kie la civilizo ĉesas, Vojaĝo ekster la tempo, La konkero de la montoj, Nepalo malfermas la pordon, flambo rafiki, Mondo de travivaĵoj, Elpafu la sagon, Kumeŭaŭa, filo de la ĝangalo (original traduit en 21 langues dont le japonais, primé par le ministère de l’éducation du Japon et en outre publié en feuilleton dans un journal népalais)…

En 1985, il publie un mini-livre en cent langues. Sur chaque page ne figure qu’un seul mot, celui qu’il estime — lui, qui a vécu sa jeunesse dans les Balkans — le plus important : Paix (en espéranto : Paco - prononcer "patsso"). Admis au sein de la Société Géographique Royale Britannique, décoré de l’ordre du Condor par le gouvernement argentin, Sekelj fut en outre muséologue. Ses compétences touchaient de vastes domaines. Par ses innombrables voyages dans plus de 90 pays, il contribua à l’implantation de l’espéranto en Afrique et en Asie (Inde et Népal). Par sa participation régulière aux conférences générales de l’UNESCO, il fut à l’origine de la recommandation en faveur de l’espéranto en 1985 à Sofia. Simple aperçu d’une vie bien remplie…

Portrait d’un journaliste et pionnier
Professeur d’anglais, pionnier du radio-journalisme sur ondes courtes, fondateur de Radio Genève [1], écrivain, Edmond Privat fut aussi un ami de Gandhi et un géant de l’espéranto. Il l’apprit à 14 ans. Dès l’âge de 17 ans, en 1906, il organisa avec Hector Hodler (à peine 19 ans !) un congrès universel à Genève. Dans un de ses ouvrages en espéranto, Aventuroj de pioniro, (Editions Stafeto, La Laguna de Tenerife, 1963), il a pu écrire à propos des "utopies" :

(…) Si je regarde maintenant un demi-siècle d’action publique et d’écrits, je constate ce qui suit : durant toute la vie il fut nécessaire et il est encore nécessaire de lutter contre les préjugés. Des choses que l’on jugeait utopiques sont maintenant devenues réalités.
"Jamais des hommes de divers pays ne se comprendront l’un l’autre avec l’espéranto à cause des différences de prononciation", disaient mes professeurs au lycée. Nos congrès ont prouvé le contraire ;
"Jamais les hommes ne voleront dans l’air car c’est une utopie", disaient-ils. Eh bien, je voyage aux congrès par voie aérienne.
"Jamais les femmes ne voteront. C’est une utopie." Elles votent maintenant presque partout dans le monde.
"Jamais les Polonais n’auront à nouveau leur propre Etat. C’est une utopie." En 1918, la Pologne devint un Etat.
"Jamais les Anglais ne quitteront l’Inde. C’est une utopie.", écrivaient les mêmes journaux lorsque je tentais d’expliquer le but de Gandhi. Maintenant, ils rapportent tous les jours sur l’Inde et sur Nehru. "Jamais vous ne réussirez à ce que les hommes s’abonnent à l’écoute de la radio. Ils ont déjà des gramophones." disaient les banquiers que je visitais pour fonder Radio Genève. Maintenant, ils regrettent qu’une société coopérative, pas eux, nous ait procuré l’argent, et le budget atteint des millions, heureusement sans profit privé.(…)

Que dire aujourd’hui de choses hier inimaginables, "impossibles" : mur de Berlin, Apartheid en Afrique du Sud, réhabilitation de Galilée par l’Eglise, tunnel sous la Manche… et des experts selon lesquels la panne d’électricité de New York était impossible en France ?

Radio Sarajevo a diffusé des émissions en espéranto durant le siège de la ville. Publié d’abord en feuilleton dans le seul quotidien indépendant croate Slobodna Dalmacja, le journal de guerre de Zlatko Dizdarevic sur le siège de Sarajevo est paru en traduction française de Sasha Sirovec, espérantiste, épouse de François Lo Jacomo, ingénieur linguiste, qui en a effectué la traduction en espéranto.

Journalisme sans frontières
Directeur de la section politique du quotidien Augsburger Allgemeine, à Augsbourg, Stefan Maul est coauteur, avec Judith Junger, d’un manuel de journalisme publié en 1982 sous le titre Manlibro pri Ĵurnalismo et auteur d’un manuel de politique en dix langues : Deklingva manlibropri politiko. Stefan Maul est en outre président de Tutmonda Esperantista Íurnalista Asocio et rédacteur de son organe Internacia Ĵurnalisto. En 1980, il a fondé le magazine international indépendant Monato. Lu dans 65 pays, ce mensuel a 100 correspondants permanents dans 45. Inf.  : Stefan Maul, TEÍA, Pferseer Str. 15, DE-86150 Augsburg, Allemagne

www.3600km.net

C’est le nom du site, en français, russe, anglais et espéranto, du journaliste François Picard qui a effectué en 2004 un voyage de plus de 5000 km à vélo à travers l’Ukraine, la Russie, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan pour enquêter sur la liberté de la presse en vivant au contact des populations. La traduction en espéranto a été effectuée par six bénévoles espérantistes dont un Marocain.

TERRA-Espéranto

Au Québec, Stéphanie Bellenger, journaliste à Montréal, envisage de réaliser seule, au printemps 2008, "le projet TERRA-Espéranto à courir le monde pour informer le monde de l’existence d’une langue universelle et d’en montrer son ampleur aux quatre coins du monde par le biais de portraits d’espérantophones. L’espéranto est pour moi et pour plus de 6 millions de personnes, l’outil de ralliement universel" : "Terra Espéranto", blog personnel.

Une première en langue française

Pour la première fois en langue française en édition de librairie, une biographie du Dr Zamenhof est parue d’abord en 1995 (éd. Ramsay), puis, en seconde édition, simultanément avec sa traduction en espéranto, en 2001 (éd. L’Harmattan), sous le titre L’homme qui a défié Babel (344 pages). D’autres éditions sont parues en coréen, espagnol, lituanien et tchèque. Elle a été rédigée le journaliste René Centassi, ancien rédacteur en chef de l’AFP, et Henri Masson, secrétaire général de SAT-Amikaro.

La meilleure biographie de Zamenhof. Je la recommande à mes étudiants.” (Umberto ECO)

“La presse doit être essentiellement éducatrice, il est bon et indispensable que l’idée de la langue auxiliaire internationale pénètre dans les masses… Gagnée à votre cause, la presse dira que l’espéranto est la solution de ce problème… Messieurs, votre tâche est noble et grandiose comme votre but ; la collaboration de la presse vous est acquise !”.
Intervention, au nom de la presse, du journaliste L. Pourcines, de Nancy, lors du premier congrès universel d’espéranto à Boulogne-sur-Mer, en 1905

[1] Voir aussi la fiche thématique "L’espéranto sur les ondes".







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