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Lettres aux candidats à la Présidence de la République


[Madame la Candidate, Monsieur le Candidat,]

Alors que s’accélère l’expansion des échanges internationaux, aucun candidat ne se distingue par une approche clairvoyante, courageuse et novatrice des problèmes de communication linguistique, dont les conséquences sont pourtant de plus en plus lourdes.

Une fracture linguistique est en train de s’opérer. Une langue nationale se voit octroyer un monopole dans tous les domaines, ce qui a pour effet de créer une situation d’apartheid linguistique et de renforcer considérablement la puissance d’un pays qui abuse déjà de la sienne. Les personnes qui ne maîtrisent pas l’anglais deviennent des citoyens de seconde zone, quelles que soient, par ailleurs, leurs compétences. A terme, c’est la menace, pour tout citoyen, de devenir étranger dans son propre pays. Or, aucun candidat ne semble s’en apercevoir. Avez-vous tous oublié que "gouverner, c’est prévoir" ?

Plutôt que faire de la surenchère sur le nombre de langues à apprendre, ne serait-il pas temps de regarder en face le besoin impérieux d’une langue de communication universelle ? Faire comme si la question ne se posait pas, c’est préparer le terrain à l’anglais langue unique. Est-ce consciemment ou à votre insu que vous vous faites les complices des auteurs d’un document tenu secret depuis plus de 40 ans, l’"Anglo-American Conférence Report 1961" ? Selon ce rapport, la propagation de l’anglais ne vise pas seulement à remplacer une langue par une autre mais à imposer de nouvelles structures mentales, "une autre vision du monde" : "l’anglais doit devenir la langue dominante" (...) ; "la langue maternelle sera étudiée chronologiquement la première mais ensuite l’anglais, par la vertu de son usage et de ses fonctions, deviendra la langue primordiale".(..) Ce rapport proclame que le Centre c’est ainsi qu’il désigne les pays aujourd’hui impliqués dans le réseau d’espionnage "Echelon" : Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, le reste du monde étant appelé "périphérie" doit avoir le monopole de la langue, de la culture et de l’expertise, et ne devrait pas tolérer de résistance contre le règne de l’anglais" ( should not tolerate resistance to the rule of English). (...) "Si des Ministres de l’Éducation nationale, aveuglés par le nationalisme [sic], refusent (....) c’est le devoir du noyau des représentants anglophones de passer outre" ("it is the duty of the core English-speaking representatives to override them") [Robert Phillipson, Linguistic Imperialism, Oxford University Press, 1992. Pour plus de détails, voir : http://www.esperanto-sat.info, section "Social" : "Le pouvoir est au bout de la langue"] .

Curieusement, à ce jour, aucun candidat ne s’est distingué par une prise de position reconnaissant, face au danger d’un monopole linguistique particulièrement lourd de conséquences, la nécessité d’un débat national. Le problème engage pourtant l’avenir de tous les citoyens, et pas seulement de notre pays.

De plus en plus fréquemment, des postes de hautes responsabilités, dans des institutions européennes comme dans de grandes entreprises, sont attribués par priorité, même en France, à des natifs anglophones sans que des personnes ayant un pouvoir de décision ou une autorité morale n’y voient quoi que ce soit à redire.
La politique linguistique (enseignement des langues et communication) doit faire l’objet d’une transparence absolue, en France, dans l’Union européenne et dans toutes les institutions internationales.

Dans ce contexte, il est urgent d’examiner sans a-priori la contribution que pourrait apporter à la solution des problèmes de communication une langue dont les avantages et les qualités apparaissent à un nombre croissant de personnes. En dépit des nombreux obstacles qui lui ont été opposés, des calomnies et des rumeurs dont elle a été victime, cette langue a fait ses preuves, c’est la Langue Internationale (nom d’origine) qui s’est popularisée sous le nom d’"espéranto".

Pour les régimes totalitaires, une bonne langue internationale ne peut être que la langue de leur pays. Ils n’ont pourtant pas été les seuls à s’efforcer d’éradiquer l’espéranto, à le tourner en dérision, à le confiner dans un ghetto et même à persécuter ceux qui le préconisent.

Si les personnes qui découvrent son intérêt sont de plus en plus nombreuses, ce n’est pas aux princes qui nous gouvernent qu’elles le doivent, mais à la sagacité et à la volonté de certains de nos contemporains de toutes les couches de la société et de divers horizons politiques. Pourquoi les populations ne sont-elles jamais informées des diverses options qui s’offrent pour leur permettre de communiquer par dessus les barrières linguistiques ? Pourquoi ne joue-t-on pas cartes sur table, indiquant aux citoyens le rapport efficacité / coût ? en incluant dans ce dernier les coûts de l’enseignement — des divers systèmes susceptibles d’être analysés dans la pratique, dont l’interprétation simultanée, l’anglais employé seul et l’espéranto ?

Le choix d’une langue pour la communication universelle, c’est un choix de société. Un bilinguisme universel efficace, équitable, non discriminatoire, économique et aisé à mettre en place est possible. Il est la clé de voûte d’une politique linguistique propre à préserver les richesses de la diversité culturelle tout en éliminant les méfaits de Babel.
Aurez-vous le courage de prendre clairement position ? Votre crédibilité est en jeu.

Veuillez agréer, [Madame la Candidate, Monsieur le Candidat], l’expression de mes sentiments distingués.

<Henri Masson>,
Secrétaire Général de SAT-Amikaro,

Coauteur, avec René Centassi, ancien rédacteur en chef de l’A.F.P., de "L’homme qui a défié Babel" (L’Harmattan, 2e éd. décembre 2001).







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