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Politique linguistique : mieux que l’or noir, mais pour qui ?


"Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord, mais la langue anglaise. Le défi que nous affrontons, c’est de l’exploiter à fond." Cités par Robert Philippson dans "Linguistic Imperialism", ces mots sont du directeur du British Council dans le rapport annuel 1987/1988 de cet organisme dont le rôle va bien au-delà de la propagation de la langue anglaise. La couleur avait déjà été annoncée dans son rapport 1968-1969 : "Il y a un élément de commercialité dissimulé dans chaque professeur, livre, revue, film, programme télévisé, de langue anglaise envoyés au delà des mers. Si alors nous sommes en train de tirer un avantage politique, commercial et culturel de l’usage mondial de l’anglais, que faisons-nous pour maintenir cette position ?". Dès 1971-1972, alors qu’un accord était intervenu sur les principales conditions d’adhésion de la Grande-Bretagne au Marché Commun, le British Council avait reçu 16% de crédits supplémentaires, et ce n’est pas sans raisons que, le 12 octobre 1978, le quotidien "The International Herald Tribune" pouvait déjà intituler triomphalement un article : "English is a Profitable Export".

Depuis ce temps, en France et dans le monde, de plus en plus de non-anglophones deviennent étrangers dans leur propre langue : tout est sacrifié au tout anglais. L’aliénation fait rage dans les esprits. En France, les enseignants de français dénoncent aujourd’hui une "pédagogie du désordre", une dérive de l’enseignement de notre langue (voir http://www.sauv.net/act_prim.php [1]).

L’une des principales retombées est la progression rapide de l’illettrisme. De leur côté, loin de tout esprit de recherche, de comparaison et d’innovation, de toute rigueur intellectuelle, les ministres de l’Éducation nationale n’ont jamais daigné prêter attention à des rapports confirmant la valeur de l’espéranto comme enseignement préparatoire à celui de toutes langues, y compris maternelle, ni même favorisé son expérimentation pour en vérifier le bien fondé. Aucun des candidats à la présidence de la république n’a abordé publiquement ces questions jusqu’à ce jour. La dérive culturo-linguistique se poursuit, et il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle prenne fin, sauf si, "gouverner", c’était aussi... prévoir. Or, aucun n’a prévu cette situation.


[1] Il y a 35 ans, 15 heures par semaine étaient consacrées au français au cours préparatoire. Aujourd’hui, moins de 10, et il est prévu de réduire ce temps de 9 à 7 h. 20% des élèves qui abordent l’enseignement secondaire peuvent être considérés comme illettrés.


Lingva politiko : Pli bone ol la "nigra oro", sed por kiu ?


"La vera "nigra oro" de Britio estas ne la Nordmara oleo, sed la angla lingvo ... La defio kiun ni alfrontas, estas plene ekspluati ĝin." Cititaj de Robert Philippson en "Linguistic Imperialism", tiu vortoj estas de la direktoro de Britiŝ Council en la jarraporto 1987/1988 de tiu organismo kies rolo multe preperpasas la disvastigon de la angla lingvo. La intenco estis jam anoncita en ĝia jarraporto 1968-1969 : "Estas elemento de komerceco kaŝita en ĉiu anglalingva instruisto, libro, revuo, filmo, televidprogramo sendita transe de la maro. Nu, se ni estas eltirantaj politikan, komercan kaj kulturan avantaĝon de la tutmonda uzo de la angla, kion ni faras por pluteni tiun pozicion ?"

Jam de 1971-1972, dum interkonsento estis okazinta pri la ĉefaj kondiĉoj de aliĝo de Britio al la Komuna Merkato, Britiŝ Council ricevis 16% da pliaj kreditoj, kaj ne estas sen kialo ke, la 12-an de oktobro 1978, la ĵurnalo "The International Herald Tribune" povis jam triumfe titoli artikolon : : "Engliŝ is a Profitable Export".

De tiu tempo, en Francio kaj en la mondo, pli kaj pli da ne-angleparolantoj fariĝas fremduloj en sia propra lingvo : ĉio estas foroferata al "ĉio angle". Fremdiĝo damaĝas la spiritojn. En Francio, la instruistoj de la franca kondamne kritikas hodiaŭ la "pedagogion de malordo", la devojiĝon de la instruado de nia lingvo (vd franclingve : www.saŭv.net/act_prim.php) [1]. Unu el la ĉefaj rezultoj estas la rapida progresado de la nekapablo legi. Siaflanke, malproksime de ĉiu spirito de reserĉado, de komparo kaj de novigado, de ĉia intelekta rigoro, la ministroj de nacia edukado neniam degnis priatenti raportojn konfirmantajn la valoron de Esperanto kiel prepara instruado al tiu de ĉiuj lingvoj, inkluzive de la gepatra ; ili eĉ ne favoris ĝian eksperimentadon por kontroli ĝian pravecon. Neniu kandidato al la prezidenteco de la respubliko pritraktis publike tiujn ĉi demandojn ĝis la hodiaŭa tago. La kultur-lingva devojiĝo pluiras, kaj oni ne atendu ke ĝi finiĝu, escepte se "regi", tio estus ankaŭ... antaŭvidi. Nu, neniu antaŭvidis la nunan situacion.







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