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Kálmán Kalocsay, l’artiste de la traduction


On rencontre souvent l’idée que l’espéranto ne serait qu’une langue pour touristes, capable d’exprimer, tout au plus, les besoins les plus quotidiens. Or, au cours de son existence centenaire, l’évolution de cette langue véhiculaire, connue pour sa simplicité, a atteint un degré tel que l’espéranto peut désormais être nommé une langue riche de littérature.

Zamenhof, l’initiateur de l’espéranto, était conscient du fait que cette langue, tout comme les langues nationales, ne pourrait vivre et se développer que par sa littérature. C’est la raison pour laquelle, tout en donnant l’exemple, il exhortait sans cesse ses adeptes à s’atteler à des tâches de traduction. Il soulignait ainsi l’importance de la traduction : les artisans de la langue ne peuvent pas se contenter d’accomplir des tâches faciles : ce sont les difficultés rencontrées au cours de la traduction qui font découvrir les lacunes à combler dans les capacités d’expression de notre langue.

Voilà donc, tout indiqué, le chemin que suivirent les artisans de l’idiome international, avec Kálmán Kalocsay en tête, accompagnant les progrès de la langue. Plusieurs tragédies de Shakespeare, les épopées d’Homère, la Comédie Divine de Dante, les pièces de Molière et de Schiller, La tragédie de l’homme de Madách, les drames d’Ibsen, les romans de Tolstoï, les contes d’Andersen, des anthologies internationales, les œuvres de Balzac, de Goethe, de Baudelaire ou de Heine, des perles de la littérature contemporaine - ce sont autant de réussites qui jalonnent le chemin parcouru.

Parmi toutes ses activités littéraires, Kalocsay considérait la traduction, notamment la traduction poétique, comme la tâche par excellence qu’il se devait de parfaire. Effectivement, enrichir et affiner une langue au moyen de traductions n’est certes pas le plus facile des travaux littéraires. L’écrivain qui crée son propre texte sans contrainte aucune peut, au contraire, toujours éviter les expressions trop complexes en puisant dans le vocabulaire usuel de la langue.

Comme tout traducteur digne de ce nom, Kalocsay s’efforça de transplanter fidèlement, autant que faire se peut, contenu et atmosphère de l’original. Il prenait son mal en patience pour trouver les expressions qui pouvaient reproduire, jusqu’aux moindres nuances, le texte qu’il traduisait. Exemplaire, son activité de traducteur — décriée par certains comme "une manie des nuances" — a apporté une contribution majeure à la maturation de la langue espéranto.

Y-eut-il jamais une difficulté que le traducteur Kalocsay évitât ? Il s’est même fixé l’objectif de conquérir l’Inferno de Dante, entreprise que plus d’un jugeait impossible, à l’instar de l’épouvante qu’inspire l’inscription au-dessus des portes de l’enfer : Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate !

Le défi principal pour tout traducteur de l’Enfer, c’est d’essayer de conserver la métrique de l’original. Bien sûr, c’est cette difficulté même qui a attisé l’ambition de Kalocsay, et sa traduction réussie fut ainsi saluée par le linguiste italien Bruno Migliorini : "L’Enfer interprété par Kalocsay est une version digne des tercets de Dante."

Cette traduction est peut-être la preuve la plus éloquente des capacités littéraires de la langue espéranto.

Les poèmes que Kalocsay a traduits en espéranto proviennent de peuples et d’époques différents. Recueillis en deux florilèges, ils s’offrent, tels deux bouquets de fleurs, au public international de la langue véhiculaire.

Les volumes de traductions publiés par Kalocsay ont suscité de l’intérêt bien au-delà du monde littéraire espérantiste. Les versions excellentes qu’il donna des Élégies de Rome de Goethe, des Fleurs du Mal de Baudelaire, de La tragédie de l’homme de Madách, des romances de Heine ou de trois drames de Shakespeare (Le roi Lear, Le songe d’une nuit d’été, La tempête) sont autant de preuves des capacités littéraires de l’espéranto et du talent exceptionnel de leur traducteur.

Source : Ada Csiszár : In memoriam Dr. Kalocsay Kálmán (1891-1976). Pp. 34-35. Traduit en français par István Ertl.

Cette traduction en français peut être lue aussi sur le site du professeur Marc van Oostendorp :


Kálmán Kalocsay, la tradukartisto


Multaj opinias, ke Esperanto konvenas nur al ĉiutaga komunikado kiel turisma lingvo, kvankam pri la simpleco konata lingvo dum sia centjara ekzisto evoluis ĝis riĉa, literatura lingvo.

Zamenhof, la iniciato de la lingvo konsciis, ke same kiel la evoluo de naciaj lingvoj, ankaŭ Esperanton nur ĝia literaturo povas vivteni. Ĝuste tial — donante ekzemplon ankaŭ li mem — senĉese instigis siajn adeptojn al la traduka laboro. Li emfazis, ke la kultivantoj de la lingvo ne kontentiĝu per la facilaj taskoj, ĉar nur la tradukaj malfacilaĵoj povas malkovri la mankojn de la esprimkapableco de la lingvo, kiujn devas kompletigi.

La kultivantoj de la Internacia Lingvo — inter ili ankaŭ Kálmán Kalocsay — sur ĉi tiu vojo ekirante, paŝo post paŝo progresis en la evoluigo de la lingvo. Pluraj tragedioj de Shakespeare, eposoj de Homero, la DIA KOMEDIO de Dante, teatraĵoj de Molière kaj Schiller, LA TRAGEDIO DE L’ HOMO de Madách, dramoj de Ibsen, romanoj de Tolstoj, fabeloj de Andersen, internaciaj antologioj, la poemoj de Goethe, de Baudelaire, de Heine, transplanto de multaj perloj de samtempaj aŭtoroj signas la vojon faritan.

En sia literatura agado Kalocsay konsideris kiel ĉefan taskon la tradukon, ĉefe tradukon de la poezio. Ĉi tiu primara rimedo de la riĉigo kaj polurado de la lingvo estas la plus malfacilaĵo de la verkista laboro. En la propra teksto la aŭtoro povas eviti la komplikajn esprimojn, uzas anstataŭ ili pli simplajn.

Kiel ĉiu pretendema tradukisto, ankaŭ Kalocsay klopodis kiom eble plej fidele interpreti la enhavon kaj atmosferon de la originalo. Pacience li serĉis kaj plej ofte trovis la konvenan, ankaŭ la nuancojn fidele perantan esprimon. Lia konscienca traduka laboro --- kiun kelkaj nomis "nuanc-manio" — multe kontribuis al la maturiĝo de Esperanto.

Li neniam evitis la malfacilaĵojn. Ĝste tial decidis konkeri la INFERON de Dante. Multaj dubis pri la sukceso de tiu entrepreno kaj ironie citis la timigan surskribon de la infera-pordego : "Lasciate ogni speranza, voi ch’ entrate !" (Ĉion esperon lasu ĉe la enpaŝo). Ĉe la traduko de la INFERO la ĉefa zorgo estas la konservo de la originala versformo. Ĝuste ĉi tiu malfacilaĵo spronis la ambicion de Kalocsay. La sukceson de la traduko pruvis ankaŭ la vortoj de la itala lingvo-profesoro Bruno Migliorini : " La tercinoj de Dante en la interpreto de Kalocsay estas digna traduko de la INFERO".

Eble tiu traduko estis plej elokventa pruvo de la literatura kapableco de Esperanto.

Kalocsay transplantis al Esperanto poemojn de multaj nacioj kaj epokoj, kiujn en du antologioj — kvazaŭ enbukedigite — povas enmanigi la leganta publiko de la Internacia Lingvo.

La traduk-volumoj de Kalocsay vekis ankaŭ la intereson de la ne esperanta literatura mondo. De Goethe la ROMAJ ELEGIOJ, LA FLOROJ DE L’ MALBONO de Baudelaire, LA TRAGEDIO DE L’ HOMO de Madách, romancoj de Heine, la arta interpreto de tri Shakespeare-verkoj (REĜO LEAR, SOMERMEZNOKTA SONĜO, LA TEMPESTO) denove pruvas la literaturan kapablecon de la lingvo Esperanto kaj pruvas la talenton de la tradukanto,

Hungara originalo : Csiszár Ada : IN MEMORIAM Dr. KALOCSAY KÁLMÁN (1891-1976). p. 34-35.







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