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Espace et Espéranto


ESPACE et ESPERANTO

Un entretien avec Bertalan FARKAS, premier cosmonaute hongrois.
par Jozef HORVÁTH

Bertalan FarkasNe soyez pas fâché si nous ne pouvons avoir cette conversation que maintenant, mais vous savez que la navigation spatiale est une affaire compliquée. Naturellement, la popularité et les divers programmes qui en découlent représentent pour nous, même à présent, une plus grande contrainte que l’apesanteur continuelle dans le cosmos.

Jozef Horváth — C’est ainsi que notre entretien a commencé avec Bertalan Farkas, dans son nouveau poste au Ministère de la Défense. Il a accepté avec joie de répondre au désir de notre rédaction pour parler un peu de l’espéranto ; il a certes des liens anciens avec la Langue Internationale. Pour éclaircir la situation, je dois dire que la présente conversation a eu lieu à la suite d’étranges “précédents historiques“. Nous avons étudié dans la même classe à l’école des pilotes de chasse en Hongrie, et ensuite en Union Soviétique. Ayant terminé, nous avons piloté ensemble dans la même unité militaire, d’où la voie de Bertalan l’a conduit à la Cité des Etoiles et, de là, dans le cosmos. C’est pour cela que je ne puis avoir une interview normale avec lui, mais seulement une conversation amicale.

Jozef Horváth — Je sais que vous avez appris l’espéranto, mais l’opinion publique ne le sait pas encore.

Bertalan Farkas Oui, je l’ai appris.

Jozef Horváth — Imaginez-vous que je n’ai fait qu’une allusion à l’espéranto et à vous ; deux jours après, ceci m’est revenu, raconté sous la forme de : “Ayant parié une caisse de bière, il a appris l’espéranto“.

Bertalan FarkasUne caisse de bière, ça ne manque pas d’humour — dit-il en souriant — mais vous savez vous même que mon apprentissage avait d’autres motifs. Vous vous rappelez certainement aussi comment cela a commencé. Nous ne faisions que plaisanter à votre sujet en voyant qu’après des heures fatigantes de pilotage vous aviez encore la force de vous occuper de l’espéranto et de rédiger des travaux spécialisés. Lorsque vous nous avez proposé d’apprendre l’espéranto — et nous avons accepté — j’ai compris aussi que ce n’était pas une plaisanterie, mais quelque chose de beaucoup plus important. Après, naturellement j’ai parié volontiers avec vous, et « apparemment » pour une double part de tarte, j’ai entrepris de passer l’examen de Langue Internationale dans un délai déterminé. Telle est donc la raison...

Jozef Horváth — Au fil des mots de Bertalan Farkas, les années passées ensemble, l’inoubliable examen d’espéranto et beaucoup d’autres événements vécus en commun sont revécus. Je puis à peine le convaincre de revenir au présent, alors que, comme reporter occasionnel, je lui demande de répondre en tant que premier cosmonaute de la République Populaire de Hongrie :

Jozef Horváth — Quel est votre avis sur la Langue Internationale ?

Bertalan Farkas Je suis convaincu que l’on a besoin de la Langue Internationale. Si une personne connaît et parle plusieurs langues et connaît l’origine des mots, elle peut clairement se rendre compte, même de ce point de vue, que l’espéranto est une langue excellente. Il facilite même l’étude des autres langues, et nous nous en sommes convaincus aussi lorsque l’un d’entre nous apprenait le latin, un autre le français, l’anglais ou l’allemand. Nous avons perçu la parenté des langues, nous avons pu les comparer avec l’espéranto.

Jozef Horváth — Quelles langues avez-vous apprises à cette époque ?

Bertalan FarkasLe latin et l’anglais. Je ne mentionne pas le russe, car vous savez aussi que nous avons acquis toutes les nouvelles connaissances d’aéronautique par la langue russe.

Jozef Horváth — Et l’espéranto ? Pourquoi l’avez-vous appris ?

Bertalan FarkasParce qu’il a des perspectives ; parce qu’il aide aussi dans l’apprentissage des autres langues. J’ai été saisi par la simplicité de cette langue, la logique de la grammaire. L’espéranto est l’une des inventions les plus grandioses de l’humanité.

Jozef Horváth — Après le vol spatial, il y a eu un changement dans votre vie. Vous êtes devenu cosmonaute et chercheur, spécialiste des affaires spatiales. Y a-t-il eu un changement dans votre attitude vis-à-vis de la Langue Internationale ?

Bertalan Farkas Je l’ai un peu oubliée ; nous avions certes énormément à apprendre à la Cité des Etoiles, et il y a aussi le fait que des années ont passé depuis le temps où nous conversions en espéranto, mais j’ai découvert entre-temps quelque chose de très intéressant.

Jozef Horváth — Ayant trait à l’espéranto ?

Bertalan Farkas Oui.

Jozef Horváth — Nous y reviendrons, mais permettez-moi d’abord de vous demander combien de temps avez-vous appris le russe ?

Bertalan FarkasAu moins 15 ou 16 ans.

Jozef Horváth — C’est très long, mais je l’ai appris aussi, pendant 13 années. Je sais qu’autant de temps et d’efforts permettent déjà de maîtriser assez bien une langue. Je sais que vous parlez très bien le russe, je vous pose donc la question : est-ce que vous avez eu des malentendus désagréables en parlant une langue étrangère ?

Bertalan FarkasOui, de telles choses me sont arrivées. Il est très désagréable, lorsque l’on vous questionne, que vous ne puissiez ni comprendre, ni être compris, même lorsque vous parlez bien une ou deux langues étrangères. Un mur invisible vous sépare alors de la personne qui vous a questionné, et c’est terrible.

Jozef Horváth — Suite à votre expérience, que pensez-vous de la situation linguistique actuelle de l’astronautique ? Existe-t-il des problèmes linguistiques dans l’exploration spatiale ?

Bertalan FarkasC’est là un sujet difficile. Je dois vous dire que de tels problèmes existent. Malheureusement. Les candidats cosmonautes étrangers n’ont pas un même niveau de connaissance du russe. C’est une des difficultés dont l’élimination nécessite beaucoup de temps. Par exemple, les futurs cosmonautes français — qui visiteront le cosmos dans un vaisseau spatial soviétique — ne connaissent pas le russe. On devra d’abord leur enseigner le russe pendant longtemps. De toutes façons, c’est une perte de temps et un gaspillage d’énergie, et cela nuit au travail concret. L’autre problème, c’est que le langage de l’astronautique est très difficile. Il y a, dans ce langage spécialisé, de très nombreuses abréviations, un nombre infini d’expressions spéciales et de combinaisons de mots, ce qui cause des problèmes même pou rceux qui parlent bien le russe.

Jozef Horváth — Que se passera-t-il à l’avenir lorsque le programme « Intercosmos » s’étendra et que de plus en plus de nouveaux pays se lanceront dans la recherche spatiale ? Comment imaginez-vous l’avenir linguistique de l’astronautique ?

Bertalan FarkasDans le contexte socialiste, l’utilisation de la langue russe s’étendra. Pour coopérer avec succès dans le domaine spatial, les participants devront apprendre la langue russe. Dans le cas de l’autre puissance spatiale, les Etats-Unis, le même phénomène est visible. Il se forme là aussi, pour ainsi dire, un langage spatial, comme en russe. Parallèlement à ces tendances, un langage spatial se crée aussi dans les autres langues nationales. Ça se produit aussi dans la langue hongroise. Je sais que c’est une immense perte d’énergie, et c’est justement ce dont je voulais parler auparavant.

Jozef Horváth — Je me préparais à vous le rappeler...

Bertalan FarkasDonc, je ne sais si vous êtes d’accord ou non, mais, à mon avis, la confusion babélique des langues commence à devenir maintenant un obstacle sur la voie de la coopération. Elle ne fera que s’accentuer à l’avenir. La situation est vraiment compliquée. On devrait maintenant commencer à utiliser une langue mondiale telle que celle dont nous avons tellement parlé.

Jozef Horváth — Vous pensez certainement à l’espéranto ?

Bertalan Farkas Oui, mais un jour vous m’avez dit vous-même que le perfectionnement du langage technique en espéranto n’appartient pas aux processus facilement réalisables.

Jozef Horváth — Oui, vous avez raison. J’ai effectivement parlé de ceci, mais c’est la même chose pour toutes les autres langues, et je pensais aux changements politiques qui ont lieu dans le monde. Malheureusement, l’humanité a encore de nombreux problèmes importants sur cette planète qui, du cosmos, apparaît admirable. En parlant comme vous, « elle est si admirable qu’en russe je ne sais la narrer ». Déjà, la confusion babélique n’est pas visible de là-haut, mais c’est un fait que la conquête du cosmos a besoin de coopération internationale et d’union. Dans l’avenir, il faudra compter que l’espéranto commencera à être utilisé dans le domaine des sciences, et il deviendra peu à peu un instrument productif. Qu’en pensez-vous ? L’espéranto serait-il utilisable dans les recherches spatiales à venir ?

Bertalan FarkasJe pense que oui. Si l’on parvient à créer une terminologie spatiale unifiée. Ensuite, cela dépend de quand on réussira à faire accepter l’espéranto comme langue auxiliaire générale entre les États. La création d’une terminologie spatiale unifiée ne dresse pratiquement pas d’obstacles sérieux, même aujourd’hui. Il faut espérer que les hommes comprendront bientôt que le monde a besoin d’une langue qui puisse être apprise rapidement et qui puisse devenir un instrument neutre d’intercompréhension dans les relations internationales.

Jozef Horváth — Je suis d’accord avec vous, mais revenons à ce qui doit être fait actuellement. Pouvez-vous dire quelque chose sur vos projets ultérieurs ?

Bertalan FarkasParallèlement à l’élaboration du matériel d’astronautique, avec mon ami et collègue, Béla Magyari, nous nous préparons à commencer nos études à l’université technique. Naturellement, nous répondrons aussi à de nombreuses lettres que nous avons reçues.

Jozef Horváth — Apprenez-vous aussi une langue ?

Bertalan Farkas Oui ! J’ai décidé de rafraîchir mes connaissances d’espéranto, et je recommencerai à apprendre l’anglais. Je veux atteindre le niveau de conversation en un temps réduit, et il serait bon de lire dans le texte d’origine la littérature occidentale spécialisée. La dernière fois que j’ai pris part à une conférence, on parlait l’anglais .Il y a beaucoup de choses que je n’ai pas comprises… donc je dois apprendre l’anglais aussi.

Jozef Horváth — Pensez-vous qu’en apprenant l’anglais au moins aussi bien que le russe vous n’aurez pas de problèmes d’ordre linguistique ?

Bertalan FarkasJe crains que j’en aurai encore d’autres... Dans le monde actuel, il ne suffit plus de connaître deux langues étrangères. C’est pourquoi j’aime l’espéranto, et c’est pourquoi je lui apporte mon appui. Cette conviction ne s’est que renforcée en moi après le voyage spatial.

Jozef Horváth — Je souhaite qu’elle continue à se renforcer et que d’autres cosmonautes suivent aussi votre exemple. Permettez-moi encore une question : que voulez-vous dire aux espérantophones qui pensent que vous êtes le premier cosmonaute espérantiste du monde ?

Bertalan FarkasL’espéranto est l’une des plus grandes inventions du monde. Il a des perspectives. Il vaut la peine d’être appris.

Jozef Horváth — Merci pour l’entretien.

Article publié dans“Hungara Vivo“(1/1981, Budapest) puis en traduction française dans “Objectif 87“, supplément à la revue “SAT-Amikaro“, n° 375, juin 1982. Traduit par Henri Masson.


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L’un des problèmes les plus importants de la mission ‘Soyouz-Apollo‘ a été celui des langues. Au cours de la première année de préparation, les cosmonautes soviétiques ont pris part à des cours accélérés d’anglais, de 800 heures, et chacun avait son propre professeur.

D’après “Express Wieczorny“ (L’Express du soir),16-5-1975, Pologne

Naturellement, l’espéranto est la meilleure des langues artificielles. La simplicité évidente de son alphabet, l’admirable facilité de sa grammaire, la richesse dans la construction des mots rendent son créateur immortel.“

Constantin Edouardovitch TSYOLKOVSKY, 1857-1935, père de l’astronautique, dans une lettre du 4 novembre 1934 à M. I. Popov. (“Циолковский“ [“Tsyolkovsky“], M. Arlazorov. Éd. Molodaja Gvardija, Moscou, 1962. p. 225)


Je me suis intéressé au mouvement espérantiste dès mon âge scolaire. A cette époque, j’avais même l’intention de participer au congrès mondial espérantiste, à Helsinki ; cependant, des causes indépendantes de ma volonté m’en ont empêché. Les années suivantes, lorsque j’ai commencé les études en France et travaillé chez Renault pour gagner mon pain, je me suis convaincu encore plus, dans ce milieu multilingue, de la nécessité d’introduire une langue commune comme moyen supplémentaire d’intercompréhension entre les hommes. Pour ce qui est de mes autres expériences dans le domaine linguistique, je dois mentionner mon arrivée en Union Soviétique, en 1935, où,ne connaissant pas le russe, j’écrivais mes dissertations en français, qui étaient traduites au mot-à-mot en russe. Et, bien que je lise aujourd’hui la littérature spécialisée en 11 langues et que mes dissertations aient été traduites en 31 langues, j’insiste avec une conviction totale sur le fait que l’espéranto est spécialement nécessaire pour l’échange des informations scientifiques et pour les contacts entre les savants.
Ecrasé par l’excès d’activités scientifiques, j’ai dû interrompre mes activités espérantistes ; je me sens toutefois durablement lié à ce mouvement. Je souhaite à l’espéranto — au nom d’une civilisation pleinement humaine et de la paix mondiale — une progression continuelle.

Arie STERNFELD, vulgarisateur de l’astronautique soviétique. Lors d’une interview sur Radio Polonia, le 6 septembre 1964


German TITOV

Père de German Stepanovich Titov, second cosmonaute soviétique a avoir séjourné dans l’espace après Youri Gagarine, Stepanovitch Titov était espérantiste. Premier à avoir passé plus d’une journée en orbite, German Titov a été le 4ème homme lancé dans l’espace, le 6 août 1961, où il a fait 17 fois le tour de la Terre à bord de “Vostok II“. Âgé alors de 25 ans, il est jusqu’à aujourd’hui le plus jeune de tous les astronautes ayant effectué des vols spaciaux.

Le premier vol dans l’espace aurait dû revenir à German Titov, mais il est connu que Nikita Krouchtchev, lui-même fils de mineur ukrainien, avait préféré donner la priorité à Youri Gagarine du fait qu’il était issu du prolétariat, alors que le père de German Titov était enseignant. Rien n’a indiqué jusqu’à ce jour que le fait d’avoir un père espérantiste, en plus, ait joué en sa défaveur. En d’autres temps, ce simple fait pouvait conduire, dans le meilleur des cas, au goulag. Dans son ouvrage “La danĝera Lingvo“ (La langue dangereuse, Bleicher Verlag, Gerlingen, 1988), sur les persécutions subies par le mouvement espérantiste depuis ses origines, l’historien de l’espéranto Ulrich Lins cite un cas assez frappant : “Lorsque des étrangers découvrirent en 1961 que Stepan Titov, le père du cosmonaute German Titov, était espérantiste, lors du congrès universel d’espéranto qui se tint cette même année dans la ville anglaise de Harrogate, ils lui envoyèrent un télégramme de félicitations pour le succès de son fils. Titov fut d’abord gravement choqué. Ce n’est que petit à petit qu’il parvint à se convaincre que la période où l’on persécutait des hommes pour la connaissance et l’utilisation de l’espéranto avait pris fin.


VOYAGER II

« Amikoj, mi parolas al vi el la planedo Tero. Mi reprezentas la landon Aŭstralio, la insulan kontinenton en la suda hemisfero de nia planedo. Ni strebas vivi en paco kun la popoloj de la tuta mondo, de la tuta kosmo, kaj labori kun ili por la komuna bono de ĉiu homa estaĵo. Mi salutas ĉiun, kiu komprenas. Adiaŭ. »

Le message ci-dessus se trouve à bord des sondes spatiales VOYAGER I et VOYAGER II, lancée par la NASA en 1977. Équipées de propulseurs nucléaires, les sondes jumelles VOYAGER I et II, de 810 kg chacune, avaient pour mission de se rapprocher des planètes Jupiter (1979) et Saturne (1980 pour Voyager I, et 1981 pourVoyager II). Plus rapide (54.000 km/h contre37.000 km/h), Voyager I a été lancée le 5 septembre 1977, et devait en outre fournir des informations sur les satellites de Saturne (notamment son satellite Titan), alors que Voyager II, lancée le 20 août 1977, devait aussi s’approcher des planètes Uranus (1986) et Neptune (1989) avant de se perdre dans l’espace.

Parmi ces messages figure celui qui a été prononcé en anglais et en espéranto par l’ambassadeur d’Australie — alors en poste à l’Onu — M. Ralph Lindsay Harry.

À bord de chacune d’elles, sur un disque en cuivre plaqué or, à voir sur http://www.jpl.nasa.gov/images/voya... , se trouvent des messages en 55 langues à l’intention d’éventuels extra-terrestres, dont celui de l’ambassadeur d’Australie à cette époque en poste à l’Onu, Ralph Lindsay Harry.

Traduction : "Amis, je vous parle depuis la planète Terre. Je représente le pays Australie, le continent insulaire dans l’hémisphère sud de la planète. Nous nous efforçons de vivre en paix avec les peuples du monde entier, de tout l’espace, et de travailler avec eux pour le bien commun de tout être humain. Je salue tout être qui comprend. Adieu."


Astéroïdes “Esperanto“ et “Zamenhof“

Découverts en 1936 et 1938 par l’astronome finlandais Yrjö Väisälä, espérantiste, membre de l’Académie de Finlande, deux astéroïdes portent les noms “Espéranto“ et “Zamenhof“. Ils évoluent entre Mars et Jupiter, à une distance du Soleil évaluée à 435 et 455 millions de kilomètres. Leur diamètre est d’environ 20 à 50 km pour “Esperanto“ et 10 à 30 km pour “Zamenhof“. Leur vitesse approximative est de 16 km/s et leur durée de révolution de 5,48 années.


Astronautique et cosmos
Sites en espéranto :
http://kosmonauxtiko.atspace.com/
http://eo.wikipedia.org/wiki/Kosmopramo
http://nasa.eo.wikimiki.org/
http://nasa.eo.ogarnij.pl/
http://projekto.apollo.eo.ogarnij.pl/







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